16ème journée internationale de défense et promotion des droits de l'enfant.
merci à Calou pour ce texte

La moitié des humains sont des enfants
A l’origine, le mot enfant vient de infans, un mot d’une langue ancienne, le latin. Il signifie « celui qui ne parle pas ». Autrefois, on ne demandait pas l’avis de l’enfant. Sa vie dépendait uniquement du bon vouloir des adultes, de leurs choix et de leurs décisions.
1959 : Charte des droits de l'enfant. Texte en dix points adopté à l'unanimité par l'ONU.
1989 : Adoption à l'ONU de la Convention Internationale des droits de l'enfant. Elle comporte 54 articles. Son préambule insiste sur la nécessité d'accorder une protection spéciale à l'enfant.
2003 : Le 12 juin est déclaré "Journée mondiale contre le travail des enfants" par l'ONU.
Travail
Un sur six âgés de 5 à 17 ans- soit 246 millions - est astreint au travail.
Environ 111 millions d'enfants de moins de 15 ans sont astreints à des travaux dangereux et devraient y être immédiatement soustraits;
- 59 millions de jeunes de 15 à 17 ans eux aussi affectés à un travail dangereux devraient bénéficier de toute urgence d'une protection ou être soustraits à ce travail;
- 8,4 millions d'enfants sont assujettis à des travaux relevant des pires formes de travail des enfants, car il s'agit d'activités intrinsèquement condamnables: esclavage, traite, servitude pour dettes et autres formes de travail forcé comme le recrutement forcé en vue de la participation à des conflits armés, la prostitution, la pornographie et autres activités illicites.
Maltraitance :
Physique :
La maltraitance physique se reconnaît par les traces qu'elle laisse sur le corps de l'enfant : hématomes, brûlures, fracture, et par l'intention effective de l'auteur d'infliger un sévices pour se faire obéir, pour dominer et maîtriser l'autre.
L'enfant ne souhaite pas montrer du doigt l'auteur de ces violences surtout quand c'est papa ou maman.
Les adultes doivent donc limiter le poids de la parole comme unique indicateur de souffrance. Il ne faut donc pas attendre que l'enfant s'exprime pour agir !
Sexuelle :
Ce type de violence revêt des formes diverses : de la "haute criminalité" comme dans l'affaire Dutroux à des agressions beaucoup plus légères, plus insidieuses, plus sournoises mais tout aussi traumatisantes.
L'adulte maltraitant profite de sa position de toute-puissance pour imposer à l'enfant un autre langage, son discours, sa domination en matière sexuelle. Il exerce alors un abus d'autorité.
Plus graves encore dans le type de violences sexuelles actuelles des réseaux, véritables organisations sociales, se constituent.
Psychologique :
agressions verbales, les dévalorisations systématiques, les humiliations concernant leur niveau scolaire, leur apparence, leur physique, leurs capacités intellectuelles, bref tout ce qui remet en cause leur intégrité font partie des violences psychologiques.
La violence dont est victime l'enfant maltraité est principalement exercée par une personne de son entourage familier (membres de la famille, éducateur, instituteur, etc...). L'agression extérieure commise par un individu étranger à l'univers affectif de l'enfant reste rare.
Dans tous les cas toute personne ayant connaissance de l'existence d'un enfant maltraité ou supposé l'être doit aviser les autorités médicales, judiciaires ou administratives. Ne pas le faire serait tomber sous la coupe de la non assistance à personne en danger
Exploitation sexuelle :
La très grande majorité des enfants prostitués se trouvent dans les pays du tiers monde ou dans les catégories sociales très défavorisées des pays riches.
Asie du Sud Est, grandes villes d'Amérique Latine, Afrique et Moyen Orient. En Europe le phénomène se répand notamment dans les pays de l'ancien bloc de l'Est. Dans les pays riches, des enfants, moins nombreux, sont proposés par minitel ou Internet, ou encore entraînés dans des séances de photos pornographiques. La majorité de ces jeunes a entre 12 et 18 ans, mais certains ont à peine 8 ans et même des bébés sont parfois impliqués
De nombreuses ONG (Organisations Non Gouvernementales) tentent de porter secours aux enfants prostitués en dénonçant leurs exploiteurs d'une part, en aidant à la réinsertion des enfants d'autre part. Un travail lent, difficile, incertain. Il faut d'abord arracher les enfants à leur proxénète, puis retrouver les familles, voir si elles sont prêtes à reprendre l'enfant, sinon l'accueillir dans un foyer, le soigner. Au moins la moitié des enfants sont malades, beaucoup ont le SIDA. Ils ont aussi besoin d'un secours psychologique pour sortir du cauchemar, les aider à construire une autre vie si leur santé leur permet. A peine quelques milliers d'enfants ont pu être ainsi sauvés.
L'UNICEF, travaille avec plusieurs ONG pour une prévention à long terme, en particulier concernant l'éducation des filles et celle des enfants des rues. Pour sortir les enfants de cet engrenage infernal il faut leur trouver d'autres sources de revenus, les arracher à la misère.
Internet :
Transnational, décentralisé, évolutif dans ses techniques et son usage, l’Internet offre un système de communication d’une efficacité redoutable. Cet outil performant permet - au moindre coût, rapidement, de manière interactive et dans l’anonymat - de diffuser des images, d’organiser des forums et d’offrir des prestations virtuelles. Les réseaux pédophiles ont su profiter des atouts de l’Internet. Grâce à ceux-ci, ils se jouent des frontières et des législations. En utilisant simplement le clavier d’un ordinateur, les pédophiles ont la possibilité d’offrir ou d’acquérir du matériel photo ou vidéo aux quatre coins du globe, et d’entrer en contact avec des enfants et / ou des adolescents.
Il est toujours recommandé aux parents, aux éducateurs et à toutes autres personnes ayant des enfants mineurs sous leur responsabilité de les accompagner sur internet et de s'intéresser aux activités qui peuvent leur être proposées comme ils le feraient dans n'importe quel autre domaine.
Le consentement des parents, éducateurs et autres responsables à la participation du mineur qui est sous leur responsabilité est réputé acquis dès lors que ces mineurs ont obtenu un accès à un site quel qu'il soit.
Pour éviter que vos enfants ne deviennent des cibles, suivez les conseils ci-dessous.
-Faites preuve de bon sens. Ne leur offrez pas seulement un compte Internet en les laissant faire n'importe quoi.
-Contrôlez leurs activités. Demandez-leur quels sites ils visitent et pourquoi. Installez l'ordinateur dans une zone commune de telle sorte que vous puissiez garder un œil dessus. Vérifiez le fichier Historique du navigateur Web pour savoir à quels sites ils accèdent.
-Définissez des limites. Il est de votre responsabilité de déterminer le temps qu'ils passent en ligne.
-Utilisez un logiciel de filtrage. Bien que cela ne soit pas parfait, vous pouvez ainsi bloquer l'accès à certains sites Web.
Dès 2006 une offre de contrôle parental sera proposé systématiquement par les fournisseurs d’accès
La meilleure protection reste la présence des parents…
Guerre :
Estimation du nombre d'enfants
victimes de conflits armés durant la dernière décennie :
(Afghanistan, Tchétchènie, Irak, Somalie, Cambodge, Rwanda, Haïti, Bosnie...)
Tués : 2 millions
Gravement blessés ou mutilés à vie : 6 millions
Sans abri : 12 millions
Orphelins ou séparés de leurs familles : plus de 1 millions
Traumatisés psychologiquement : 10 millions
300 000 enfants dans 44 pays de la planète (voir ci-dessous), dont certains n'ont pas plus de 8 ans, participent directement aux conflits. Ils sont soldats ou porteurs contraints de travailler. Certains autres ont appris à tuer et à torturer. Si leur nombre global reste stable, les pays ayant recours aux services de ces gamins sont eux plus nombreux qu'il y a trois ans.
Enfants des rues :
120 millions c’est le chiffre estimé aujourd’hui par des études conjointes du BIT (Bureau international du Travail) et l’UNICEF du nombre d’enfants qui vivent dans la rue, la moitié de ces enfants vit dans le continent sud-américain et 30 millions en Asie.
Les enfants des rues ont entre 5 et 16 ans, mais il est courant d’en rencontrer qui ont à peine 3 ou 4 ans aux côtés de frères plus âgés qui assurent leur protection.
Les enfants des rues rencontrent des dangers et des dérives qui leurs sont souvent fatals.
Ils sont meurtris par les intempéries, les privations, le dénuement, les maladies, les accidents et l’indifférence. A cela s’ajoutent la précarité, la violence, les sévices sexuels, la loi du plus fort qui les exposent aux rencontres et influences les plus nuisibles.
Les petites filles sont sollicitées sexuellement dès leur plus jeune âge et finissent par se prostituer. D’ailleurs, dans la plupart des pays, la prostitution des filles et des garçons se banalise et constitue une source de revenus pour les enfants.
Enfin la plupart des enfants des rues connaissent la drogue, même les plus petits. En fonction du pays ils consomment la coca, la marijuana, les déchets de cocaïne (bazoca), le cacao sabanico dont les pépins sont hallucinogènes ou encore des mélanges tel que le pipo en Colombie ( mélange de lait, d’alcool local et d’essence).
Faim
La malnutrition, qui s'explique par des causes multiples, contribue à plus de la moitié des décès d'enfants de moins de 5 ans qui interviennent chaque année.
Dans les pays en développement, près d'un tiers des enfants de moins de 5 ans souffrent d'insuffisance pondérale (manque de poids) modérée ou grave (soit 183 millions d'enfants).
Dans les pays en voie de développement, plus d'un milliard d'habitants n'ont pas accès à l'eau salubre et près de 3 milliards de personnes (plus de la moitié de l'humanité) ne sont pas équipées de systèmes d'assainissement, ce qui représente une violation de leur droit à un niveau de vie suffisant pour garantir leur bien-être et leur santé.
Près de 3 millions d'enfants meurent chaque année de maladies dues au manque d'hygiène et à l'absence d'assainissement.
il suffirait de consacrer 1% de tous les budgets militaires des pays industrialisés pour éradiquer complètement ces situations intolérables.
L’excision :
On estime à 130 millions le nombre de fillettes et de femmes, à travers le monde, qui ont subi MGF et qu’au moins 2 millions de fillettes par an risquent de subir la procédure sous une forme ou une autre.
L’excision ou les mutilations génitales féminines (MGF) est le nom générique donné à différentes pratiques traditionnelles qui entraînent l’ablation d’organes génitaux féminins. Bien que plusieurs justifications soient données pour le maintien de cette pratique, elle semble liée essentiellement au désir d’assujettir les femmes et de contrôler leur sexualité. En effet les hommes historiquement en sont les initiateurs, et ce sous le prétexte de préserver la fidélité des femmes.
Le 20 novembre 1989, l'Assemblée Générale
des Nations Unies (O.N.U.) adoptait
la Convention Internationale des Droits de l'Enfant qui reconnaît aux enfants des droits fondamentaux.
Résumé :
Tout enfant a un droit inhérent à la vie, et les États assurent au maximum la survie et le développement de l'enfant.
Tout enfant a droit à un nom et à une nationalité dès sa naissance.
Lorsque les tribunaux, les institutions de protection sociale ou les autorités administratives prennent des décisions qui concernent les enfants, la considération primordiale doit toujours être l'intérêt supérieur de l'enfant, l'opinion de l'enfant doit être dûment prise en considération.
Les États s'engagent à garantir à chaque enfant la jouissance de ses pleins droits sans discrimination ni distinction d'aucune sorte. En particulier, les filles doivent jouir des mêmes droits que les garçons.
Les États prévoient pour les enfants qui sont sans famille une protection de remplacement convenable. La procédure d'adoption doit être soigneusement réglementée et les États s'efforcent de conclure des accords internationaux pour assurer des garanties et la légalité de la procédure lorsque les parents adoptifs ont l'intention d'emmener l'enfant à l'étranger.
Les enfants handicapés ont droit à un traitement, une éducation et des soins spéciaux.
Les enfants ne doivent pas être séparés de leurs parents sauf en vertu d'une décision prise par les autorités compétentes dans l'intérêt des enfants.
Les États doivent faciliter la réunification des familles en autorisant l'entrée ou la sortie de leur territoire.
La responsabilité d'élever l'enfant incombe d'abord aux parents, mais les États leur accordent l'aide appropriée et assurent la mise en place d'institutions qui veillent au bien-être des enfants.
Les États, la collectivité et les parents protègent les enfants contre les brutalités physiques ou mentales, la négligence ou l'abandon y compris contre la violence et l'exploitation sexuelle.
Les États protègent les enfants contre l'usage illicite des drogues et contre l'utilisation des enfants pour la production ou le trafic de drogues.
Les enfants appartenant à des populations minoritaires ou autochtones pourront avoir leur propre vie culturelle, pratiquer leur religion et employer leur langue librement.
Tout doit être mis en oeuvre pour empêcher l'enlèvement et la traite des enfants.
L'enfant a le droit de jouir du meilleur état de santé possible. Les États assurent l'accès aux soins médicaux à tous les enfants, en mettant l'accent sur la prévention, l'éducation sanitaire et la réduction de la mortalité infantile.
L'enseignement primaire est gratuit et obligatoire, la discipline scolaire doit respecter la dignité de l'enfant.
L'éducation a pour but de préparer l'enfant à la vie dans un esprit de compréhension, de paix et de tolérance.
Les enfants doivent avoir du temps pour le repos et le jeu ainsi que l'accès aux activités culturelles et artistiques dans des conditions d'égalité.
Les États protègent l'enfant contre l'exploitation économique et tout travail susceptible de compromettre l'éducation ou de nuire à leur santé ou leur bien-être.
Aucun enfant de moins de 15 ans ne peut participer à des hostilités, les enfants touchés par un conflit armé doivent bénéficier d'une protection spéciale.
Les enfants victimes de mauvais traitements, de négligence ou ayant été mis en détention doivent bénéficier d'un traitement ou d'une formation appropriée en vue de leur guérison et de leur réadaptation.
Ni la peine capitale ni l'emprisonnement à vie ne doivent être prononcés pour les infractions commises par des personnes âgées de moins de 18 ans.
Les enfants impliqués dans des infractions à la loi pénale ont droit à un traitement qui contribue à développer leur sens de la dignité et de la valeur personnelle et vise à faciliter leur réinsertion sociale.
Les enfants en détention doivent être séparés des adultes, ils ne doivent subir ni tortures ni traitements cruels ou dégradants.
Les États doivent faire largement connaître les droits énoncés dans la Convention, aux adultes comme aux enfants.
192 pays ont ratifié la Convention
Les Etats Unis :
Ce Pays ne s'engage par sur la Convention parce que plusieurs de ses États refusent d'abolir la peine de mort pour des crimes commis par des mineurs ou des handicapés, mais l'argument le plus significatif relève des droits des parents. En effet, de nombreux lobbies, soutenus par le Sénateur Jesse Helms, pensent que cette convention ôte les droits des parents sur leurs enfants. Et c'est d'abord cet argument, avec celui de l'avortement, qui est mis en avant.
Décembre 2003 : Les États-Unis ont fait savoir qu'ils désiraient ratifier la Convention, mais ils souhaitent auparavant déposer une réserve sur l'article 37 qui condamne le recours à la peine de mort contre les enfants. En effet, actuellement 25 états conservent la peine de mort, applicable à des mineurs, dans leur arsenal juridique. Certains d'entre eux n'hésitent pas à l'appliquer concrètement y compris pour des mineurs atteint de maladies mentales avérées.
Janvier 2005 : Les États-unis abolissent enfin la peine de mort contre les mineurs.
Numéros verts, nationaux, gratuits et anonymes de la protection de l'enfance:
Enfance et partage: Le 0800 05 1 2 3 4, a pour vocation d'écouter, de soutenir, de conseiller et d'orienter les enfants et les adultes qui appellent. C'est l'association qui fera les démarches et/ou un signalement pour que des mesures de protection soient prises en faveur d'un enfant en danger.
Enfance maltraitée : 119
http://www.droitsenfant.com/
http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=1205